• Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Yann Le Beguec, je suis le coordinateur de l’Université des Colibris. J’ai 40 ans, je suis marié, j’ai une petite fille de 2 ans et demi et j’ai emménagé à côté de Saint Brieuc (en Bretagne) tout récemment.
Je suis ingénieur de formation, en 2009 je me suis reconverti comme coach et formateur auprès des créateurs et repreneurs d’entreprises.
 

  • Quel a été ton déclic pour travailler dans le domaine de l’environnement et de la transition écologique ? (plus précisément en tant que facilitateur/coordinateur au sein du Mouvement Colibris)

Quand j’avais 12 ou 15 ans j’ai acheté un guide de voyage sur l’Australie et, à 27 ans l’idée de voyager dans ce pays a resurgi, je suis alors parti l’explorer.
Je pensais partir pour le surf et les belles plages, finalement ce qui m’a passionné, c’est de découvrir la culture des Australiens premiers, et à quel point leur culture et leur mode de vie sont riches, ainsi que leur rapport à la nature, différent du nôtre.
Ça n'a pas vraiment été un déclic mais plutôt une volonté de contribuer à rapporter un peu de cette vision du monde des australiens premiers dans notre société. 

 

  • Pourquoi avoir choisi le sujet de la transition intérieure ?

Dolorès Marat, Les anges, Deauville
© Tous droits réservés Dolorès Marat

 

Cela faisait deux/trois ans que l’on cherchait à relier l’idée de révolution intérieure (comme on l’appelle au sein du Mouvement) et la dimension “agir pour une société plus résiliente, soutenable, durable”. Par ailleurs, j’ai fait la connaissance d’Isabelle Desplats qui m’a donné un bouquin intitulé “Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre : Retrouver un lien vivant avec la nature” de Joanna Macy. J’ai commencé à lire ce livre, et n’ai rien fait d’autre pendant trois jours jusqu’à le finir.
Ça a été une révélation, cela répondait simplement à des questions que je me posais depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. 

 

  • Comment as-tu “choisi” les intervenants pour parler de ce sujet ?

En premier partenaire, j’ai choisi le Réseau Transition Belge parce qu’ils ont un réseau important et compétent, très en avance par rapport à la France sur les sujets de la Transition intérieure. Cela m’a fait plaisir de pouvoir reconnaître toute la contribution qu’ils apportent dans ce domaine. 
Puis Michel Maxime Egger s’est proposé pour intervenir dans le mooc, j’étais très heureux de sa démarche car à vrai dire, je n’osais pas le lui demander .
Il y a au sein de l’Université des Colibris, une volonté de toujours reconnaître les acteurs de terrain, nous sommes en quelque sorte un porte voix à travers nos formations et nos mooc. De même que c’est très important pour moi de reconnaître celles et ceux qui ont l’expérience, le savoir et les compétences sur un sujet, ce que nous avons donc voulu faire, du mieux possible, dans ce mooc. 

 

  • Ressens-tu une évolution du projet depuis le début de la formation ?

La vision que j’avais initialement du mooc et de toute son animation fut bien évidemment compromise par les conditions sanitaires actuelles. Nous souhaitions notamment organiser cinq rencontres, dans cinq grandes villes de France. Nous ne nous sommes pas laissés abattre.
Aujourd’hui, nous proposons divers ateliers et essayons de créer une communauté autour du mooc grâce aux animations. 
De plus, nous sommes actuellement en train d’essayer d’organiser des manifestations dans des forêts, et autres endroits proches de la nature sauvage pour répondre au besoin de lien, car il n’a jamais été aussi fort que maintenant. Nous voudrions proposer de partager, en présence,  avec des gens qui ont la même vision du monde, une structure que Joanna Macy appelle “réseau de tempêtes”. J'espère donc que ce mooc permettra à celles et ceux qui y participent de contribuer à cela. 

 

  • De quoi es-tu le plus fier dans les contenus du mooc ?

Je pensais connaître les contenus et que cela ne me toucherait pas, puis en refaisant le mooc lors du bétatest, il y a un jour où je n’ai vraiment pas été bien, en explorant le module 4, j’ai trouvé ça incroyable et je me suis dis que même sur moi il avait un réel effet. C’est un vrai voyage qui nous invite à bouger intérieurement (c’est le cas de le dire). 

 

           Virginie Sueres, Underwater
           © tous droits réservés Virginie Sueres

 

  • Quelles perspectives pour la communauté qui s’est créée autour du MOOC ?

Une des grandes réussites, c’est qu’il n’y a jamais eu autant d’animations proposées autour d’un mooc, comme je vous l’expliquais un peu plus haut.
En effet, plus d’une dizaine de groupes de pairs se réunissent toutes les deux/trois semaines pour suivre le mooc ensemble. C’est vraiment réjouissant de voir l’enthousiasme des groupes de pairs à utiliser le mooc pour se réunir, échanger, partager et agir ensemble. 
Nous n’avons pas d’intention particulière pour cette communauté, ce sera justement à elle de décider de son avenir, en fonction de la vivance de cette dernière. Il est encore un peu tôt pour y répondre, car nous ne sommes qu’à la moitié du mooc.

 

  • Pour finir as-tu un commentaire plus personnel à partager avec les participants ?

Personnellement, je vois de plus en plus les visions du monde, de la société s’affronter et je deviens convaincu que l’on ne va pas aller vers une société unique mais qu’il va bien y avoir des sociétés, qui vont coexister, à travers l’histoire, le temps. 
Puis je perçois que la ou les sociétés qui sont alliées du vivant ont déjà émergées à certains endroits et cela ne va faire que progresser. 
La culture prédatrice néo-libérale refuse toute émancipation, il nous faudra donc, en tant que colibris, accepter la conflictualité avec la culture qui domine notre société actuellement. 

 

Publié le 25.03.2021